A l’heure de l’iconophage

Elles [les nouvelles technologies] ont créé
‘un monde narcissique [qui] passe la moitié de son temps
à fabriquer des images de lui-même,
et l’autre moitié à les contempler’.
George MINNOIS, cité dans La Tyrannie Technologique, L’emprise des écrans de Cédric BAGIANI (2007)

 

Il est temps de mettre de côté, d’aller voir avant, de préférence en paquet, de créér du consultable. Un nouveau signet : www.But does it float. Encore une fois, une profusion d’images à vous créer des connexions… De voir défiler autant d’images pour n’en retenir qu’une, au mieux deux. Ces favoris ne nous entraineraient-ils pas à faire glisser nos yeux le long des écrans ?

On y délace ses chaussures Nike et dénude les mannequins ano­rexiques. Une micro-fiction du voyeur se met en place. JE VEUX VOIR défiler verticalement le paysage qui se construit autant que líespace utile de mon ıcran le permet. Ce vague Vogue virtuel, MOOD emmagasine dix à quinze images par jour. Les sensations se dilatent et les émotions se fanent sauf lorsque j’y reviens 72 heures après, lorsque la surprise parvient à me réenchanter. Différents grains, différentes époques et l’espace du podium se met à éblouir.

ffffound.com est un incinérateur-incitateur. J’y gobe des visuels qui ne se prononcent pas. Il est vrai qu’en tant qu’internaute-explorateur, ici les aventures sont vécues comme un spectacle où l’action est seule reine. Les images s’acculent. Du “un petit peu de tout”, c’est ça ://reform.it. Je tombe à la bonne heure, un brin d’émotion, sur des domaines de prédilection : mise en page, architecture, packaging, sensualité…

Il y a des canaux à la cadence plus ou moins fulgurante où des images, des paysages se composent. Ils méritent parfois que l’on appuie sur la gâchette pour les enregistrer. Voilà comment résumer cette somme d’images : des dépôts d’humeurs, des traces de ma veille artistique, technologique et littéraire…

Ici, on brûle les images comme on viendrait brûler les litres de gasoil pour réaliser le plus beau road-movie. La route, notre bande passante, est de moins en moins étroite. Le macadam est blanc, le voyage a bien lieu : le jaune suit le bleu. Timolvo 


Notes issues de notre politique mystique :

Comment en finir avec le lieu commun qui fait du spectateur un aveugle, un être vivant dans l’illusion, un sujet passif, un prisonnier de la Caverne, un captif du spectacle, un com­plice du Grand banquet des images. […] L’émancipation, c’est ce brouillage de la frontière entre ceux qui agissent et ceux qui regardent, entre individus et membres d’un corps collectif. […] Une communauté émancipée est une communauté de conteurs et de traducteurs. […] Présupposons que les incapables sont capables, qu’il n’y a aucun secret, aucune fatalité à être enfermés dans un système nous assignant à l’ignorance.
[issue de Le Spectateur émancipé de J. Rancière > dechristallisation.blogspot.com]

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