Le graphisme punk

ou l’impossibilité de la contestation graphique (introduction).

Né dans l’Amérique contestataire des années 1960, le mouvement punk, lorsqu’il débarqua de manière fracassante dans l’Angleterre de la fin des années 1970, n’était déjà plus véritablement lui-même. Alors que les groupes américains comme les Ramones, Suicid ou Television, gardaient une grande distance vis-à-vis de l’industrie musicale et des médias, l’arrivée du punk dans l’Angleterre pré-thatchérienne des années 1975-1976, bénéficia très tôt d’un soutien marqué par la presse musicale «officielle» et d’une reconnaissance populaire immédiate.

Et bien que reprenant à son compte le message et les principes de production du garage américain (refus de l’aliénation, appel à la rebellion de la jeunesse, désillusion quant au futur, structures musicales simples et autonomie de production), qui voulait alors en finir avec la période hippie, le mouvement punk anglais (et ce fut là sa force) érigea la contestation en stratégie marketing bien huilée, où l’habillage graphique avait de fait toute son importance.

Extrait d’un texte de Alexandre Laumonier, paru dans Art Grandeur Nature (2004).

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